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Rapport : les défis d’urbanisation freinent les opportunités de croissance à Bamako, Conakry et Niamey

BAMAKO, 20 Juin 2017 – Alors que les villes d’Afrique de l’Ouest font face à des flux migratoires importants, concernant en premier lieu les jeunes, elles doivent relever de nombreux défis associés à cette urbanisation rapide et s’attacher à développer des économies compétitives et à fournir des services urbains adéquats. Tel est le principal constat de la cinquième édition du Bilan économique pour la Guinée, le Mali, le Niger et le Tchad, publication semestrielle de la Banque mondiale qui vient de paraître.

En se penchant en particulier sur les trois capitales Bamako, Niamey et Conakry, le rapport intitulé « Les défis de l’urbanisation en Afrique de l’Ouest », réfléchit à la manière dont les villes pourraient exploiter et développer leur potentiel pour devenir plus productives et inclusives, tout en améliorant la fourniture de services. Ces trois villes contribuent significativement à l’économie nationale, Bamako contribuant à 34 % du PIB du Mali ; Conakry et Niamey à environ 27 % du PIB de la Guinée et du Niger.

« Malgré leur importance pour l’économie nationale, Bamako, Niamey et Conakry ne sont pas de véritables moteurs de croissance : dans les trois villes, la productivité du travail, calculée en tant que valeur ajoutée brute par habitant, reste faible et n’a pas augmenté au cours des quinze dernières années, contrairement à la moyenne de 15 autres villes d’Afrique subsaharienne », souligne Meskerem Brhane, responsable des programmes d’urbanisation de la Banque mondiale dans ces pays et co-auteur du rapport.

Le rapport pointe également le manque de services publics urbains et le faible accès à l’eau, à l’électricité et à l’assainissement. Dans ce domaine, les trois villes accusent un retard par rapport à la moyenne des villes subsahariennes et ne montrent aucun signe de redressement.

« Pour devenir des moteurs de croissance et fournir des services publics adaptés, Bamako, Conakry et Niamey doivent améliorer leur urbanisme et leur organisation spatiale qui souffrent aujourd’hui de marchés fonciers peu efficaces ayant entraîné des investissements dans des bâtiments et infrastructures éloignés des centres-villes », explique Soukeyna Kane, directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Mali, le Niger, le Tchad et la Guinée. « Des investissements insuffisants dans les infrastructures, notamment de transport public, ont aggravé les problèmes d’accessibilité et de mobilité urbaines. »

En misant sur l’atout d’une jeunesse de plus en plus nombreuse et en promouvant une gestion urbaine maitrisée, qui coordonne politiques publiques et investissements dans les infrastructures, Bamako, Conakry et Niamey pourront accélérer leur développement et offrir des opportunités économiques à l’ensemble de leur population.

Contacts

Mamadou Bah

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