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La Guinée Equatoriale souligne sa volonté pour inverser sa dépendance au pétrole

Des membres du gouvernement, technocrates publics, acteurs du secteur privé et acteurs non-étatiques de la Guinée Équatoriale ont convenu avec les responsables de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) que les difficultés macroéconomiques du pays liées à la chute des cours du pétrole doivent inspirer au pays l’industrialisation et la diversification de sa base de production comme alternatives sûres pour le développement durable.

Cet engagement découle d’une mission de cadrage de la CEA en Guinée Équatoriale et d’une concertation politique de haut niveau sur la diversification de l’économie, conjointement organisée par le ministère des Finances, de l’économie et de la planification du pays, et le Bureau sous-régional de la CEA pour l’Afrique centrale, au cours duquel les experts ont également appelé à la poursuite d’une politique industrielle dynamique et même « agressive », continue et évolutive, et à l’acquisition de la technologie requise pour la transformation des produits sur place.

Un auditoire fort de 100 experts nationaux, issus de l’ensemble des ministères et des agences en charge du développement dans le pays, du secteur privé et de la société civile, a systématiquement passé en revue les raisons des balbutiements de la Vision de la Guinée Équatoriale pour l’émergence à l’horizon 2020, et les actions à mener pour la promouvoir. Il a été noté qu’avec l’avènement du pétrole au début des années 1990, le pays s’est rapidement engagé dans la révolution infrastructurelle, qui devait être suivie par la diversification économique et la promotion des secteurs productifs. Ce deuxième segment a été mis hors course en raison du ralentissement des cours du pétrole, qui constituait l’essentiel des recettes budgétaires, appelant ainsi à une révision et à un recalibrage de la Vision.

« Nous étions habitués à miser sur le cacao, le café et les ressources forestières », a déclaré M. Antonio Nve Nseng, un ancien ministre de la planification actuellement conseiller du gouvernement.

« Et puis le pétrole est arrivé, faisant beaucoup de bien. Mais nous nous sommes englués dans la dépendance, et maintenant nous sommes confrontés au « syndrome hollandais », a-t- il poursuivi de manière candide, ajoutant que le pays doit rapidement se sortir du cercle des flambées et des ralentissements des cours du pétrole.

La candeur de M. Nsue a été reprise en écho par le chef de la mission de la CEA et Directeur du Bureau sous-régional de la CEA pour l’Afrique centrale, M. Antonio Pedro, qui a présenté de manière détaillée les contours de la diversification économique. « C’est pendant les périodes de ralentissement des cours des matières premières que les mesures contre-cycliques doivent être prises, parce qu’il devient alors évident pour tout le monde qu’un modèle de croissance tiré par les exportations et basé sur l’exportation des produits bruts expose les pays aux chocs externes », a souligné Pedro.

Il a déclaré que « l’Arabie Saoudite le fait : en préparation pour le monde de l’après-pétrole, le Royaume s’est engagé dans l’établissement d’un fonds souverain de 2 trillions de dollars en vendant les parts d’ARAMCO aux investisseurs privés à travers une offre publique initiale. »

Les participants au débat se sont associés aux réflexions de la CEA selon lesquelles le succès d’une politique industrielle requiert une approche pragmatique du développement, avec un solide pôle de coordination de l’industrialisation et de la diversification, contrôlé par les plus hautes autorités de l’État ; un gouvernement qui s’engage dans des partenariats avec les populations, mais qui a également la clairvoyance de créer l’environnement propice nécessaire pour la prospérité des affaires, garantit aux investisseurs la sécurité judiciaire et capitalise sur les avantages comparatifs locaux.

Des exemples clairs de pays africains qui ont fait la différence avec de telles approches ont été cités : l’Éthiopie avec ses succès dans les secteurs manufacturiers du cuir, du textile et des vêtements, des fleurs et du ciment ; et le Rwanda, avec le boom de ses services basés sur les TIC et le développement de son secteur touristique.

Un gouvernement en pleine cogitation
Le large débat sur la voie pratique à suivre par la Guinée Équatoriale a résonné avec les préoccupations urgentes des membres du gouvernement, qui ont eu des sessions spéciales avec l’équipe de la CEA.

Le ministre de l’Agriculture, de l’élevage, des forêts et de l’environnement – M. Nicolás Houtonji Acapo a déclaré que son ministère travaillait sur les stratégies pour une augmentation substantielle du volume et de la qualité des produits agricoles organiques et de leur accès aux importantes niches de marchés, par exemple, en formant et en outillant les jeunes, en motivant les détenteurs de larges capitaux à travers l’allocation des terres et le zonage, et en encourageant les producteurs ruraux à maintenir leur intérêt pour l’agriculture.

Au cours d’une session de travail avec l’équipe de la CEA, le ministre des transports, des services postaux et des télécommunications – M. Eucario Bacale Angüe a déclaré que la Guinée Équatoriale compterait sur l’expertise avérée de la Commission en matière d’analyse basée sur les faits pour étoffer les politiques et la prise de décision dans ces domaines ou plusieurs pays d’Afrique centrale ont des difficultés. « Nous sommes le seul pays de la sous-région qui est totalement couvert par le câble de la fibre optique, mais nous n’avons toujours pas enregistré de changement notable en termes de faibles coûts et d’amélioration des services des télécommunications ; » a souligné le ministre, qui a ajouté que son équipe serait disposée à travailler avec la CEA pour diagnostiquer les causes sous-jacentes et proposer des solutions.

Le Secrétaire d’État à l’industrie et à l’énergie – M. Cesar Hinestrosa Gomez a dit que l’une des difficultés inhérentes à la Guinée Équatoriale était la faible coordination et cohérence des politiques entre les différents départements ministériels, et invité la CEA à réfléchir à une assistance sous forme de diagnostic et de solution à la difficulté.

Il a déclaré que le Consensus de Douala auquel étaient parvenus les représentants des pays d’Afrique centrale lors de la session du comité d’experts intergouvernementaux de 2017 organisée par la CEA était un impressionnant indicateur global de la voie vers l’industrialisation et la diversification dans la sous-région. « J’ai dit à mes collaborateurs que ce Consensus doit être la base de notre plan d’action industriel, car il couvre tout ce dont nous avons besoin », a déclaré M. Gomez.

Pendant ce temps, le Secrétaire d’État en charge de l’Agence Horizon 2020, M. Cesar Augusto Mba, qui a ouvert le Dialogue au nom du ministre des Finances, de l’économie et de la planification – M. Lucas Abaga Nchama, a déclaré que l’expérience de la crise vécue par la Guinée Équatoriale était un rappel au pays de poursuivre les politiques de résilience et de croissance inclusive. « Nous recevons le type d’appui que nous attendons de la CEA et le présent dialogue nous permettra de façonner la manière de travailler ensemble » tout en inspirant les travaux de notre 3ème Conférence économique nationale de 2019 pour davantage de réflexion sur les stratégies de diversification de notre économie, a-t-il dit.

Appropriation des messages et synergies
Le Conseiller technique à la Présidence de la Guinée Équatoriale – M. Rafael Tung Nsue Bilogo, qui a clôturé le Dialogue, a promis de porter les recommandations des débats aux plus hautes autorités de l’État pour appropriation et prise en compte dans les politiques et actions orientées vers la diversification de l’économie.

Pour le Coordonnateur Résident du Système des Nations Unies dans le pays – Mme Coumba Mar Gadio, l’engagement de la CEA à accompagner la Guinée Équatoriale dans la voie de la diversification arrive à point nommé, et cette synergie sera développée avec les autres agences des Nations Unies, avec les actions nécessaires pour fournir un appui consolidé au pays.

« Nous sommes très heureux de votre mission qui, nous le pensons, doit ouvrir une perspective de coopération entre nous, surtout en ce moment où la diversification est en tête de notre agenda », a déclaré le Vice-ministre des affaires étrangères, de la coopération et des missions – Bonifacio Mitogo Edjang, à l’équipe de la CEA.

CEA

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