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Comprendre les problématiques du développement durable de la Côte d’Ivoire en cinq graphiques

La septième édition du rapport sur la situation économique de la Côte d’Ivoire confirme une fois de plus la bonne performance du pays depuis la sortie de crise politique en 2011. Le rapport souligne toutefois que le pays doit veiller à consolider les bases de son développement durable pour maintenir cette bonne tendance. Il doit en particulier gérer son capital naturel et prendre rapidement des mesures pour limiter l’impact du changement climatique.

L’économie continue d’être l’une des plus dynamiques du continent.

Le taux de croissance du PIB a été d’environ 8 % en 2017, malgré un contexte relativement instable, marqué par des revendications sociales au cours du premier semestre, et la chute du cours du cacao sur les marchés internationaux. Ce taux est supérieur à celui de l’Afrique sub-saharienne et a été le plus rapide de la région de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest. Les perspectives à court et moyen termes restent favorables avec une croissance du PIB de l’ordre de 7 à 7,5 % dans les années à venir.

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Source : Banque mondiale

 

Le pays doit préserver son stock de capital naturel.

Pour la Côte d’Ivoire, le défi à venir est non seulement de maintenir sa croissance économique à un rythme accéléré mais aussi de s’assurer qu’elle reste soutenable à terme. L’utilisation incontrôlée de son stock de capital naturel peut affecter négativement son rythme de croissance économique dans les années à venir. Selon la méthodologie appliquée par l’initiative « Wealth Accounting and the Valuation of Ecosystem Services » (WAVES) de la Banque mondiale, la valeur du stock de capital naturel par habitant a diminué de 26 % entre 1990 et 2014. Même si elle n’est pas aussi grave qu’au Nigéria, cette détérioration est inquiétante, surtout si on la compare avec plusieurs pays qui ont réussi à revaloriser leur stock de capital naturel.

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Source : Banque mondiale.

 

La déforestation : principal symbole de la dégradation du capital naturel

Estimé à 37 % du territoire national en 1960, le couvert forestier s’est réduit à moins de 14 % en 2010 (AFD, 2013). Ce taux de déforestation est l’un des plus rapides au monde. Or, en stockant le carbone, les forêts tropicales jouent un rôle indispensable dans la lutte contre le changement climatique. Elles répondent également à des besoins vitaux au niveau local, en régulant les températures, en aidant à générer les précipitations et en purifiant l’air et l’eau. Des forêts saines aident les communautés rurales à prospérer.

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Source : REED+

 

La Côte d’Ivoire est exposée aux risques liés au changement climatique.

L’ampleur du changement climatique et le manque de préparation de la Côte d’Ivoire pour y faire face, la rendent particulièrement vulnérable. Aujourd’hui, on constate déjà une augmentation de la température moyenne, une pluviométrie beaucoup plus incertaine et la montée du niveau de la mer. Si rien n’est fait, le niveau de la mer pourrait monter de 1m20 dans les agglomérations de Bassam et d’Abidjan. Il y aura davantage de zones inondées, ce qui entraînera de nombreuses pertes humaines et la réinstallation forcée de nombreuses familles et activités économiques. Les infrastructures risquent également d’être touchées avec la disparition de logements, de routes, d’écoles et de centres de santé.

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Grand-Bassam (gauche) et Abidjan (droite) : 2018 et 1,20 m élévation niveau de la mer. Source » http://sealevel.climatecentral.org

 

La production de cacao sera impactée par le changement climatique.

L’agriculture, qui est un des moteurs de l’économie ivoirienne, dépend fortement des aléas climatiques. Aujourd’hui, la production de cacao, dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur et exportateur mondial, représente environ un tiers des recettes d’exportations et plus de 10 % des recettes fiscales. Cette activité procure des revenus directs et indirects à près de 5 millions de personnes. Or, la filière subira également les effets du changement climatique, notamment de l’augmentation de la température qui risque de rendre les terres plus arides et moins fertiles. Cela contraindra de nombreux exploitants à déplacer leurs plantations vers des zones à plus haute altitude où les températures seront plus favorables à la culture du cacao.

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BANQUE MONDIALE

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