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Des experts réunis pour élaborer une stratégie de financement de l’industrialisation en Afrique centrale

Yaoundé, 09 septembre 2018 (CEA) – La Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) et le Gouvernement tchadien ont décidé d’inviter des représentants des gouvernements et des experts dans divers domaines du développement de l’Afrique centrale et du monde entier, afin de discuter et de proposer une stratégie harmonisée de déblocage des financements pour l’industrialisation des économies d’Afrique centrale. Les acteurs se réuniront du 18 au 21 septembre 2018 à N’Djamena au Tchad dans le cadre de la 34ème session du Comité intergouvernemental d’experts (CIE) pour l’Afrique centrale. Le CIE est l’organe de contrôle statutaire pour le soutien de la CEA aux États membres de la sous-région.

Le thème de la session du CIE cette année – Financement de l’industrialisation en Afrique centrale – s’inscrit dans la continuité des discussions de sa précédente session ayant porté sur la nécessité pour les pays de la sous-région de s’immerger complètement dans une philosophie pratique. Cette dernière consiste à passer d’un cercle vicieux de l’exportation de matières premières à un cercle vertueux de l’ajout de valeur aux ressources grâce à une diversification sectorielle et une industrialisation rapide.

Une intervention opportune

Le Bureau de la CEA en Afrique centrale estime que l’accent mis sur le financement de l’industrialisation en Afrique centrale est des plus opportunes et pertinentes pour plusieurs raisons. Premièrement, les décideurs de la sous-région ont réaffirmé leur intérêt pour la diversification économique et la transformation structurelle lors des sommets extraordinaires des Chefs d’États et de gouvernements de la CEMAC en 2016 et 2017 et à travers l’adoption de divers plans nationaux d’industrialisation. Cependant, un rapport de la CEA intitulé «Made in Central Africa: du cercle vicieux au cercle vertueux» a identifié le manque de financement comme l’un des principaux obstacles à la diversification de l’économie et à l’industrialisation de la sous-région. Conscient de cela, la 34ème session du CIE servira de plate-forme appropriée pour discuter et adopter une stratégie de financement commune visant à soutenir la diversification de l’économie dans la région.

Deuxièmement, les pays de la CEMAC ont adopté des mesures d’assainissement budgétaire, dans le cadre d’efforts nationaux et régionaux plus vastes visant à atténuer les effets négatifs de la chute des prix des matières premières, à améliorer l’efficacité des dépenses et à rétablir la stabilité macroéconomique. Ces mesures à court terme pourraient éventuellement limiter la marge budgétaire nécessaire afin de permettre aux gouvernements de renforcer leurs capacités de production et réaliser d’autres investissements à long terme pour transformer structurellement les économies locales. Une telle approche nécessite des solutions de financement innovantes.

Enfin et surtout, la réunion contribuera à maintenir la dynamique créée lors de la 33ème session du CIE sur le thème le «Made in Central Africa: du cercle vicieux au cercle vertueux » et à la mise en œuvre du «Consensus de Douala» visant à stimuler la diversification de l’économie de la sous-région par l’industrialisation fondée sur les ressources et le commerce.

Une région aux actifs financiers insuffisants

Bien que l’Afrique centrale dispose d’un large éventail d’acteurs dans son secteur financier, notamment les marchés financiers, et d’un bon cadre institutionnel pour le secteur, le ratio de crédit sur PIB de la sous-région (soit seulement environ 16% selon des estimations récentes) est faible comparé à d’autres régions. Les marchés de capitaux sont encore à un stade embryonnaire, obligeant les acteurs économiques de la région à s’appuyer presque exclusivement sur le secteur bancaire ; ce qui constitue une option très restreinte pour mobiliser des ressources en vue de la promotion des investissements à long terme dans les industries. Pire encore, les quelques banques opérant dans la sous-région comptent relativement peu d’agences, ce qui les rend inaccessibles pour la plupart des entreprises. Les banques de développement, là où elles existent, ne disposent pas de suffisamment de liquidités pour jouer un rôle actif dans le financement des objectifs d’industrialisation de la région. D’autres acteurs financiers, tels que les sociétés de microfinance et d’assurance, ont tendance à être insignifiantes et relativement inefficaces pour répondre aux exigences des entrepreneurs industriels. Tout ceci démontre à suffisance combien il est difficile d’accéder à des fonds pour financer l’industrialisation, élément crucial pour la transformation structurelle et le futur développement durable des économies de la sous-région.

L’offre de N’Djamena: la marche continue

Le rendez-vous de N’Djamena offrira une plate-forme pour des débats intenses en plénière et en ateliers sur des thèmes tels que le financement innovant pour le développement du secteur industriel en Afrique centrale, la sécurisation des marges budgétaires pour la promotion de l’industrialisation en Afrique centrale, les mesures à prendre pour harmoniser au mieux des infrastructures de développement avec l’industrialisation et plusieurs autres questions connexes. Les recommandations à l’issue de la session seront largement diffusées au sein des États d’Afrique centrale ainsi que dans le secteur privé. Elles feront en outre l’objet d’un suivi concret par la CEA et ses partenaires, dans le cadre de la mise en œuvre du Consensus de Douala. Il convient de noter que le Consensus de Douala constitue déjà la base de la restructuration des visions, des politiques et des pratiques de développement dans les pays d’Afrique centrale à travers des programmes de travail collaboratif entre les ministères clés et la CEA.

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