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[Sidwaya] La 30e assemblée générale ordinaire d'Ecobank, tenue le mardi 24 avril 2018 à Lomé au Togo, a permis de noter un retour de la rentabilité au sein du groupe bancaire panafricain. L'institution a engrangé un bénéfice de 182 millions de dollars américains en 2017 contre une perte de 39 millions de la même devise l'année précédente.

Afrique:ECOBANK – Le groupe bancaire renoue avec la rentabilité

Par Kader Patrick Karantao

La 30e assemblée générale ordinaire d’Ecobank, tenue le mardi 24 avril 2018 à Lomé au Togo, a permis de noter un retour de la rentabilité au sein du groupe bancaire panafricain. L’institution a engrangé un bénéfice de 182 millions de dollars américains en 2017 contre une perte de 39 millions de la même devise l’année précédente.

Lentement mais sûrement, Ecobank sort de la zone rouge dans laquelle il se trouve depuis deux ans, du fait d’un niveau d’endettement important préjudiciable à ses résultats. En atteste, les états financiers consolidés de l’année 2017 du groupe bancaire panafricain, qui affichent un bénéfice de 182 millions de dollars américains contre une perte de 39 millions de la même devise en 2016. Néanmoins, le produit net bancaire (1, 8 milliard de dollars américains) est en baisse de 7% sur la même période, par rapport à l’exercice précédent.

Cette légère chute s’explique par deux facteurs principaux: les variations des taux de change des monnaies locales par rapport au dollar américain et la baisse des rendements des actifs rémunérés d’intérêts. Ces résultats plus ou moins favorables, tout comme le renouvellement du mandat de certains administrateurs et des commissaires aux comptes, ont été approuvés par la majorité des actionnaires, lors de la 30e Assemblée générale ordinaire (AGO), convoquée le mardi 24 avril 2018, au siège de l’institution à Lomé.

Le holding qui emploie 15 930 employés de 40 nationalités, a su allier modération des crédits à la clientèle, réduction des provisions sur créances douteuses et baisse des charges d’exploitation (-9%), pour faire des économies de coûts substantiels. Des agences de la filiale nigériane, qui enregistre 37% des créances douteuses au regard de l’importance de ses activités (40% à l’échelle du groupe), ont même été fermées au profit de la digitalisation des services, enclenchée ces dernières années. Ecobank travaille résolument, à en croire ses premiers responsables, à remonter la pente à son rythme.

Pas de dividendes en 2017

La banque a dû miser sur un emprunt obligataire convertible de 400 millions de dollars américains, pour solder en partie ses dettes et garder quelque peu l’équilibre. Tous ces efforts conjugués témoignent d’une gestion «rigoureuse» conduite par le directeur général (DG) du groupe, Ade Ayemi, depuis son arrivé à la tête d’Ecobank en 2015, avec l’appui du président du Conseil d’administration (PCA), Emmanuel Ikazoboh.

Ces deux figures de la finance s’en sont d’ailleurs enorgueillies à l’AG, préférant maintenir le cap du redressement, en décidant de ne pas verser de dividendes aux actionnaires, comme ce fut le cas en 2016. « Nous considérons cela comme une question d’importance, car nous œuvrons sans relâche pour redresser la situation financière du groupe afin de permettre des versements de dividendes durables et croissants à l’avenir », a indiqué le PCA, qui a dirigé les travaux de l’AG de bout en bout.

Cette option est partagée à l’unanimité par les actionnaires. La plupart d’entre eux ont exprimé leur adhésion à cette politique de report à la rencontre de Lomé, même s’ils disent espérer toucher « très bientôt » des dividendes. En phase avec la vision des dirigeants de la banque, ils ont par ailleurs plaidé pour la maitrise continue des charges d’exploitation du groupe et la réduction de la fraude interne (25%) au strict minimum. « Nous faisons de notre mieux pour renforcer le contrôle interne afin de réduire la fraude interne. Nous sommes en train de tout faire pour éviter les problèmes à l’avenir et ramener la sérénité au sein de la banque », a confié le DG du groupe.

Dans cette dynamique, a-t-il signifié, lui et ses collaborateurs vont poursuivre la mise en œuvre de la « feuille de route pour le leadership » et la stratégie de digitalisation. Cela passe par la réalisation de plusieurs actions : l’amélioration de l’expérience client, les investissements dans la technologie, le développement de la culture du risque, la conduite d’un modèle adapté aux objectifs et l’allocation du capital pour créer de la valeur. « Notre priorité stratégique sera la maximisation du potentiel et du rendement de notre réseau panafricain », a affirmé le PCA.

Cette vision justifie d’ailleurs l’instauration du prix du président du groupe pour l’environnement durable, pour récompenser chaque année la meilleure filiale à travers le continent, sur la base de critères en lien avec la performance et les activités menées. Le premier lauréat sera connu à la prochaine AG en 2019.

La petite histoire d’ECOBANK

Ecobank Transnational Incorporated (ETI) doit son existence à la Fédération des chambres de commerce d’Afrique de l’Ouest. C’est cette structure, qui l’a porté sur les fonts baptismaux en 1985, avec le soutien de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Le groupe bancaire a vu le jour dans un contexte où les banques d’Etat et les banques étrangères dominaient le secteur dans la sous-région. Avec un capital autorisé de 100 millions de dollars américains, il a démarré ses activités avec 32 millions de la même devise, somme mobilisée à l’époque auprès de 1500 personnes et d’institutions ouest-africaines. Ecobank s’est implanté au Togo, sur la base de la signature d’un accord de siège avec le gouvernement d’alors, ce qui lui permet d’exercer en tant qu’institution régionale.

Le statut d’établissement financier non-résident lui a été alors accordé, ouvrant ainsi la voie à l’ouverture de la première filiale du holding bancaire en mars 1988. Depuis lors, Ecobank n’a cessé de tisser sa toile, telle une araignée, puisqu’elle couvre de nos jours, 36 pays africains, y compris le Burkina Faso, où il opère depuis 1997. Cette expansion va au-delà des frontières du continent, en témoigne l’ouverture d’une filiale à Paris et des bureaux de représentation à Dubaï, Johannesburg, Londres, Luanda et Pékin.

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