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Stimuler les petites entreprises

I l y a quelques années, un demi-siècle après la présentation initiale du projet, la Côte d’Ivoire a achevé la construction du pont Henri Konan Bédié, sur la lagune d’Ébrié, reliant Abidjan du Nord au Sud Le projet est devenu réalité lorsque le gouvernement a reçu des fonds privés et de la banque de développement.

De même, l’autoroute Dakar-Diamniado au Sénégal a été construite et exploitée par des entreprises privées.

Les difficultés croissantes liées à l’obtention d’un financement ordinaire, y compris des crédits pour les infrastructures publiques telles que les routes, les chemins de fer et les barrages forcent les pays africains à explorer d’autres moyens de financement.

Amener le secteur privé à construire et exploiter des infrastructures, récupérer ses investissements et ensuite transférer ces infrastructures aux gouvernements constitue un moyen de compenser le déficit de l’aide publique au développement et l’aversion au risque des banques.

La base de l’économie

L’aide accordée aux pays les moins avancés a diminué de 3,9% en 2016, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques. .

Les gouvernements élaborent des stratégies de financement novatrices, tandis que les grandes entreprises bénéficient d’investissements ou de prêts bancaires. Les PME  quant à elles, continuent de lutter pour le financement.

Les fonds levés par les États auprès de partenaires privés ou d’institutions financières internationales telles que la Banque africaine de développement (BAD), la Société financière internationale (SFI), ou la Banque mondiale ne répondent pas aux besoins des PME.

« Au Ghana, les PME peuvent être considérées comme la colonne vertébrale de l’économie. Elles emploient des milliers de personnes », a déclaré le ministre des Finances du Ghana, Ken Ofori-Atta, lors d’une rencontre d’entrepreneurs en juin.

Les PME représentent 92% de toutes les entreprises locales du Ghana, 85% des emplois manufacturiers et environ 70% du PIB.

Au Nigeria, 37 millions de PME emploient environ 60 millions de personnes et représentent environ 48% du PIB.

L’Afrique du Sud abrite plus de 2,2 millions de PME, dont environ 1,5 million dans le secteur informel, et 43% dans le commerce et l’hébergement, selon l’Agence de développement des petites entreprises de l’Afrique du Sud (SEDA) chargée de mettre  en œuvre la stratégie du gouvernement en la matière.

Un rapport de 2016 de la SEDA indique que les PME sont confrontées à des difficultés d’accès aux financements et aux marchés.

Huit emplois sur 10 et neuf sur 10 sur l’ensemble des entreprises d’Afrique subsaharienne sont liés aux PME, selon l’ONU.

Opportunités

Les PME, surtout celles du secteur informel, n’ont pas facilement accès à des prêts bancaires. Elles s’appuient sur des économies personnelles ou des capitaux apportés par des amis ou de la famille.

« Même lorsqu’une banque est disposée à faire un prêt, la garantie ou l’acompte exigés sont trop élevés pour une petite entreprise comme la nôtre », explique Alex Treku, chargé de la communication et des projets au LOGOU Concept Togo (LCT).

L’entreprise LCT fabrique des mixeurs électriques (the Foufou Mix) utilisés à la place du pilon traditionnel pour la préparation de l’igname pour le fufu, un plat ouest-africain.

« The Foufou Mix permet une préparation rapide et hygiénique de l’igname pendant environ huit minutes », a déclaré la African Innovation Foundation (AIF) en décernant à LCT la deuxième place du Prix de l’innovation pour l’Afrique en 2014.

L’AIF ​​a ajouté que « Piler l’igname a toujours été réservé aux femmes ; cette innovation fournit une solution qui n’a pas encore été envisagée par des fabricants internationaux et offre de nouvelles opportunités pour cette industrie ».

Au Nigéria, un tiers des 170 millions d’habitants mangeraient du fufu ;  un marché attractif pour le mixeur. Or, LCT, qui emploie actuellement 19 personnes, ne peut produire qu’environ cent mixeurs par mois car « Nous n’avons pas accès aux crédits, ni aux fonds bancaires pour nous développer », explique M. Treku..

Si les capacités opérationnelles et l’accès aux marchés constituent des défis majeurs pour les MPME, l’accès au financement reste le plus problématique.

Partenariat et innovation

À l’occasion de la première Journée mondiale des MPME célébrée le 27 juin, la BAD a appelé à une augmentation des nouveaux financements abordables. La BAD et la SFI souhaitent que les PME y aient davantage accès. L’année dernière, la BAD a déclaré avoir aidé 156.000 propriétaires de PME via des intermédiaires financiers tels que des banques commerciales, des investissements de développement et des fonds de garantie. Pour les experts, c’est un bon début, mais ce n’est pas suffisant.

Les risques associés aux prêts peuvent être couverts par un intermédiaire tel que le Fonds africain de garantie (AGF) qui apporte des garanties de crédit aux institutions financières qui accordent des prêts aux PME pour lesquelles il existe une forte aversion au risque.

En juin dernier, l’AGF a annoncé que, grâce à un partenariat avec le Groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, l’Union européenne et le Programme des Nations Unies pour le Développement, environ 5.000 PME du secteur des « minéraux de développement » dans cinq pays bénéficieront d’un financement abordable avec 12 millions de dollars de garantie de crédit.

Il y a deux ans, la SFI et Ecobank, une banque comerciale et d’investissement panafricaine, ont lancé une facilité de partage des risques de 110 millions de dollars qui permet à Ecobank de prêter de l’argent aux PME opérant dans des États fragiles et en conflit d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Au-delà des efforts déployés par les banques, des experts suggèrent d’explorer des financements innovants, tels que le financement coopératif et les fonds de la diaspora.

La Banque mondiale considère le financement participatif: un moyen novateur de financer un projet en collectant des fonds auprès d’un très grand nombre de personnes, prêts entre pairs, obligations d’impact social et sur le développement.

Mais la BAD veut que  les prêts augmentent d’au moins 135 milliards de dollars afin de répondre à la demande des PME. Étant donné que le déficit de financement global dans les pays en développement se situe actuellement entre 2,1 et 2,6 milliards de dollars, de nouvelles stratégies s’avèrent nécessaires pour financer les 17 objectifs de développement durable.

Selon le Forum économique mondial, le « financement mixte » pourrait combler ce fossé mais la majorité des PME du secteur informel devront « prendre des mesures gigantesques vers la formalisation afin d’accroître leur accès aux crédits traditionnels », selon une étude du 17 mars intitulée Financement de la croissance des PME en Afrique : Quelles sont les difficultés liées au financement des PME de la région de la CEDEAO ? , publiée dans Review of Development Finance.

Les auteurs soutiennent que les réformes politiques sont aussi importantes que l’accès au financement. Ils suggèrent aux entreprises de fournir les informations nécessaires afin de renforcer la confiance des créanciers et l’efficacité et la transparence de la gestion des systèmes de crédit parrainés par le gouvernement.

 

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