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La Mauritanie continue d’exceller dans le classement Doing Business pour la 3e année consécutive

Soumis par Alexandre Laure

Alors que la publication phare du Groupe de la Banque mondiale, Doing Business, célèbre sa 15ème édition, la Mauritanie continue de prospérer en tant que réformateur majeur en matière de climat de l’investissement. Le pays, qui avait déjà été mis en avant dans l’édition de 2016 parmi les 10 premiers réformateurs mondiaux, surpasse désormais la moyenne régionale dans le rapport 2018. 

Après une tendance à la baisse entre 2010 et 2014, la Mauritanie améliore régulièrement sa performance en termes d’environnement des affaires. La figure 1 montre comment, en trois ans seulement, une série de réformes qui ont réellement commencé en 2015, ont été déterminantes pour aider le pays à passer de la 176e place en 2015 à la 150e place cette année, en 2018.

Figure 1 : Nombre de réformes reconnues par les rapports Doing Business depuis 2010

L’année dernière, la Mauritanie a fait un bond impressionnant de 10 places dans le classement grâce à une série de réformes globales de son environnement des affaires mises en œuvre par le gouvernement depuis 2014. De plus, depuis 2018, la Mauritanie vient de dépasser la moyenne régionale en termes de distance à la frontière (DTF), passant de 47,21 à 50,88.

Au cours des trois dernières années, le pays a mis en place 12 réformes majeures concernant le démarrage d’une entreprise, l’accès au crédit, le commerce transfrontalier, le paiement des impôts et l’enregistrement des biens. Et cinq nouvelles réformes viennent d’être adoptées depuis le début de l’année.

Le gouvernement a apporté des changements substantiels aux cadres réglementaires locaux, notamment en combinant de multiples procédures d’enregistrement, en augmentant la transparence du registre foncier, en lançant une série de mesures au port de Nouakchott pour rationaliser les processus et en publiant tous les jugements d’affaires commerciales sur les sites internet des tribunaux afin de les rendre accessibles au public.

Cette année a également été une année record pour l’ensemble de l’Afrique subsaharienne. Avec 83 des 264 réformes de la réglementation des entreprises enregistrées dans le monde entier par Doing Business provenant de pays africains, c’est la première région réformatrice en termes de climat de l’investissement. La Mauritanie se distingue dans la région. C’est l’un des 13 pays à avoir mis en œuvre cinq réformes importantes ou plus et, comme le montre la figure 2, sa performance est meilleure que celle de ses voisins du Maghreb.

Figure 2 : Nombre de réformes du climat des affaires en Mauritanie et dans les pays du Maghreb

L’impressionnant programme de réforme de la Mauritanie montre l’engagement ferme et inébranlable du gouvernement à améliorer le climat de l’investissement et à développer le secteur privé. Lors du lancement du rapport Doing Business à Nouakchott, Laurent Msellati, le responsable des opérations de la Banque mondiale pour la Mauritanie, a salué les progrès réalisés par le gouvernement et félicité en particulier le ministre des Finances pour ses efforts visant à formaliser et à développer le secteur des petites et moyennes entreprises (PME), ainsi qu’à promouvoir l’investissement privé. Les deux aspects de ces réformes sont les leviers clés pour créer des emplois, ce qui est la voie la plus directe et la plus durable pour sortir les gens de la pauvreté.

Pour Faheen Allibhoy, responsables des opérations de la SFI pour le Sénégal, la Mauritanie, la Gambie, la Guinée Bissau et le Cap Vert, « ces chiffres témoignent de l’engagement stratégique constant du gouvernement pour améliorer le climat des affaires, encourager l’investissement et offrir de meilleures opportunités au secteur privé pour contribuer à l’économie mauritanienne. »

Elle a toutefois précisé que ces chiffres ne doivent pas faire perdre de vue au pays le chemin qu’il lui reste à faire. Il existe de multiples voies pour renforcer ces réformes et améliorer la compétitivité globale de la Mauritanie. Il s’agit notamment de renforcer les mécanismes institutionnels – tels que les comités interministériels et les plates-formes de dialogue public-privé – qui garantissent la continuité des réformes et l’adoption de mesures visant à moderniser la gestion des droits de propriété et des impôts, ainsi qu’à protéger les investissements privés. Pour maximiser l’impact et la durabilité de ces réformes, il est également essentiel que toutes les parties prenantes participent au processus de réforme, y compris, surtout, le secteur privé formel et informel et la société civile.

Mokhtar Ould Ajay, ministre de l’Économie et des Finances, a souligné l’engagement continu de la Mauritanie à améliorer la compétitivité du pays, « malgré cette réussite et les progrès réalisés, nous ne nous reposerons pas sur nos lauriers parce que le plus difficile n’est pas d’atteindre le sommet mais plutôt de maintenir notre position.  Notre objectif à court terme est d’être parmi les 100 meilleurs pays au monde en ayant un climat des affaires vraiment propice à l’investissement ».

Les progrès réalisés par la Mauritanie ne sont pas seulement le résultat de réformes récentes, mais plutôt d’un changement dans l’économie et le secteur public. Pour que le pays atteigne l’objectif ambitieux du ministre, la prochaine étape essentielle est d’identifier et de cibler soigneusement les goulets d’étranglement les plus urgents, en particulier dans le secteur privé formel dont la croissance a été historiquement freinée en Mauritanie.

Par le biais de prêts et d’assistances techniques, le Groupe de la Banque mondiale continuera d’appuyer le gouvernement mauritanien dans la poursuite de cet ambitieux programme de renforcement du secteur privé.

Le véritable progrès vient quand plusieurs facteurs, jouant un rôle moteur, convergent comme ils l’ont fait en Mauritanie : un gouvernement motivé, l’introduction d’incitatifs appropriés pour les bons champions, la création d’un espace pour l’activité du secteur privé et un meilleur niveau d’appropriation des réformes qui étaient jusqu’alors inconnues dans le pays.

BANQUE MONDIALE

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