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Des services d’eau et d’assainissement accessibles à tous

Le Burkina Faso s’efforce d’assurer un accès universel et équitable à des services d’eau et d’assainissement améliorés. Le financement substantiel alloué dans le cadre d’IDA-18 (300 millions de dollars) viendra soutenir les efforts entrepris pour améliorer les services et garantir une gestion efficace des ressources hydriques.

Depuis 40 ans, Rasmané Compaoré vit dans la même maison en torchis à la périphérie de Ouagadougou. Sa famille a longtemps dû payer une redevance journalière pour aller chercher de l’eau à la fontaine municipale, à un kilomètre de là.

« En pleine sécheresse, il arrivait que mes enfants fassent la queue toute la journée en vain, parfois avec plusieurs centaines d’autres personnes », raconte le vieil homme. Mais aujourd’hui, dans la cour de sa maison, près de la cuisine, il y a un robinet en laiton rutilant. À 82 ans, il a enfin l’eau courante chez lui.

Rasmané est l’un des 50 000 clients qui ont opté pour un raccordement domestique souscrit auprès de l’Agence nationale de l’eau et de l’assainissement. C’est là le résultat d’un plan national ambitieux d’extension du réseau de distribution d’eau et d’amélioration de la gestion de l’eau dans les zones urbaines. Et un exemple des nombreux projets financés par la Banque mondiale dans le secteur de l’eau et de l’assainissement : au cours des vingt dernières années, la Banque, en collaboration avec d’autres partenaires du développement, a mobilisé plus de 260 millions de financements de l’IDA et de fonds fiduciaires pour offrir de meilleurs services d’eau et d’assainissement à plus de 1,7 million de Burkinabé.

La plus importante opération jamais financée par des bailleurs de fonds au Burkina

En juin 2018, la Banque mondiale a encore renforcé son soutien au Burkina Faso en approuvant un financement d’une ampleur sans précédent pour le pays : le programme d’amélioration des services d’eau et d’assainissement, qui relève d’un financement axé sur les résultats, est doté de 300 millions de dollars alloués par l’IDA.

Cette opération, qui s’appuie sur les systèmes de gestion environnementale et sociale du pays, permettra de fournir un meilleur accès à l’eau à plus de 1,1 million d’habitants et d’offrir des services d’assainissement améliorés à 1,3 million de personnes. Elle s’attachera par ailleurs à améliorer les connaissances sur les ressources en eau pour en optimiser la gestion et à renforcer le capital humain pour la fourniture des services. Cela passera notamment par des partenariats entre les organismes publics, les collectivités locales et les centres de recherches et une offre de formation professionnelle, en particulier pour les femmes, afin de leur donner davantage voix au chapitre et de favoriser leur participation.

« Grâce à son concept innovant, ce programme va mobiliser des financements privés en direction du secteur de l’eau et de l’assainissement en recourant à des incitations destinées à améliorer et pérenniser les services, y compris sur le plan opérationnel et de l’entretien des infrastructures, de la récupération des coûts et du renforcement du capital humain », souligne Cheick Kanté, directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Burkina Faso.

Un accès universel et équitable

Le programme va favoriser l’inclusion sociale et économique en fournissant des services d’eau et d’assainissement dans des zones urbaines et rurales particulièrement mal équipées.

En effet, malgré les progrès déjà réalisés, seule une personne sur cinq dans tout le pays a accès à des installations sanitaires correctes et trois personnes sur quatre font leurs besoins en plein air. À l’école, dans les dispensaires ou sur les marchés, les latrines publiques sont rares ou, quand elles existent, mal entretenues et souvent laissées à l’abandon.

En outre, plus d’un tiers de la population rurale n’a pas accès à une source d’eau saine et protégée contre les risques de contamination, en particulier par des matières fécales. Sur ce plan, les zones urbaines sont mieux loties (avec un taux d’accès de plus de 90 %), mais le rythme soutenu de l’urbanisation constitue un défi de taille pour assurer ces services.

La réalisation de l’accès universel à des services améliorés d’approvisionnement en eau et d’assainissement est une priorité nationale pour soutenir la croissance de l’économie du Burkina Faso (5,5 % du PIB par an en moyenne) et celle de sa population, qui devrait atteindre 29 millions de personnes en 2030 contre 18 millions actuellement.

BANQUE MONDIALE

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